Communiqué
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Plan pour une économie verte (PEV)
Accès transports viables souligne quelques bons coups, mais déplore un plan insuffisant pour réduire le GES et favoriser la mobilité durable

Québec, lundi le 16 novembre 2020 – Alors que le gouvernement du Québec a dévoilé aujourd’hui son Plan pour une économie verte (PEV), Accès transports viables souligne l’inclusion du tramway de Québec au sein du PEV et l’annonce de l’adoption d’une politique nationale d’aménagement du territoire, mais déplore un plan d’ensemble ne permettant pas d’atteindre les cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) fixées par le gouvernement du Québec et de favoriser la mobilité durable.

UN PLAN INSUFFISANT POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS DE RÉDUCTION DE GES

En effet, Accès transports viables déplore que le PEV ne prévoit qu’un effort de réduction de 12 millions de tonnes de GES en sol québécois, alors qu’un effort de 29 millions de tonnes serait nécessaire pour atteindre la cible fixée pour 2030. Surtout, l’organisation voit d’un mauvais œil l’idée de s’en remettre à la bourse du carbone Québec-Californie, plutôt que de profiter de l’occasion pour stimuler l’économie québécoise, déjà forte de fleurons de pointe dans les secteurs de l’énergie propre et de la construction de matériel roulant collectif.

« Il y a des bons coups dans le PEV présenté aujourd’hui, notamment la présence de projets d’infrastructures de transport collectif, tel que le tramway de Québec, et l’annonce de l’adoption d’une politique nationale d’aménagement du territoire. Mais globalement, ce que je retiens, c’est un plan insuffisant pour atteindre nos objectifs de réduction de GES et un manque d’ambition pour des changements fondamentaux dans la lutte aux changements climatiques en sol québécois » a affirmé Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables.

AUCUNE MESURE D’ÉCOFISCALITÉ

En ce qui a trait au secteur des transports, qui représente 43% des émissions de GES au Québec, Accès transports viables est déçu de ne voir figurer aucune mesure d’écofiscalité dans le PEV, une mesure pourtant recommandée par le groupe de travail sur l’électrification qui a contribué à la réflexion sur le plan. 

« Ça fait plusieurs décennies qu’en transports, on utilise la carotte, les incitatifs, les subventions, etc. Malheureusement, aujourd’hui, on constate que le résultat de ces mesures est insuffisant et que le bâton est, parfois, nécessaire. Je suis déçu que le PEV présenté ne contienne pas de mesures d’écofiscalité, des mesures qui ont fait leurs preuves » a expliqué M. Grandmont.

UN MANQUE DE COHÉRENCE AVEC LA POLITIQUE DE MOBILITÉ DURABLE 2030

Surtout, Accès transports viables déplore un manque de cohérence avec la Politique de mobilité durable 2030, qui stipule que le gouvernement devrait, en ordre de priorité, miser sur: premièrement, la réduction des déplacements motorisés ; deuxièmement, le transfert des déplacements vers des modes durables ; et troisièmement, l’amélioration de l’efficacité des véhicules. Or, le PEV dévoilé aujourd’hui, qui ne mise que sur l’électrification du parc automobile privé, manque d’ambition en ce qui a trait à la réduction de la motorisation, l’usage de la voiture individuelle et le transfert vers des modes durables.

« Je suis déçu que le PEV présenté et les sommes allouées misent uniquement sur l’électrification du parc automobile privé. Surtout, je suis inquiet de voir qu’on ne vise pas un changement fondamental des habitudes et qu’on ne met pas en place de moyens clairs pour réduire l’utilisation de l’auto-solo et favoriser une mobilité durable » a continué M. Grandmont.

UN PLAN INCOMPATIBLE AVEC LE PROJET DE TROISIÈME LIEN AUTOROUTIER 

Enfin, à la lumière des constats dressés par le Premier ministre quant au retard du Québec dans la lutte aux changements climatiques, Accès transports viables est incapable de concevoir qu’un gouvernement sérieux puisse continuer à faire la promotion de son projet de troisième lien autoroutier Québec-Lévis, dont les conséquences iraient à l’encontre des objectifs poursuivis par le PEV.

« Le Premier ministre a lui-même constaté que l’on va dans la mauvaise direction et qu’il y a un coup de barre à donner pour réduire nos GES. À la lumière de ces constats, je ne vois pas comment un gouvernement sérieux pourrait continuer à envisager l’implantation d’un troisième lien autoroutier Québec-Lévis. Il s’agit d’une infrastructure coûteuse et non-justifiée, qui causera davantage d’étalement urbain, tout en encourageant l’auto-solo. Ce n’est pas compatible avec les orientations présentées dans le PEV aujourd’hui et l’éventuelle politique nationale d’aménagement du territoire annoncée » a conclu M. Grandmont.

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Source
Angèle Pineau-Lemieux
Accès transports viables
a.pineau-lemieux@transportsviables.org
438 495 9892