Mobilité durable : le Québec en mode rattrapage 

Québec, le 10 mars 2020 – Accès transports viables accueille favorablement les investissements supplémentaires annoncés en transports collectifs par le gouvernement du Québec dans son budget 2020-2021. L’organisation note cependant que des mesures plus ambitieuses devront éventuellement être mises en place afin de réduire l’étalement urbain et la dépendance à l’auto-solo.

Un PQI de transition
Le Plan québécois des infrastructures (PQI) monte la barre avec un ratio de près de 34% des investissements prévus pour 2020-2030 pour les transports collectifs et 66% pour les transports routiers. Il s’agit d’une avancée intéressante par rapport au PQI 2019-2029, qui présentait un ratio de 27% en transports collectifs et 73% pour les transports routiers.

« Nous espérons qu’il s’agit d’un premier pas vers un renversement des tendances d’investissements dans les infrastructures de transport au Québec. Le PQI 2020-2030 est intéressant, mais il faut se rappeler que pour chaque dollar investi dans le transport collectif, deux sont encore investis dans les transports routiers », affirme Etienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables.

À titre comparatif, le ratio d’investissement en infrastructures était de 75% pour les transports collectifs et 25% pour les transports routiers en Ontario l’an dernier.

Subvention à l’auto-solo
Les investissements favorisant l’auto-solo et l’étalement urbain demeurent malgré tout encore élevés, selon Accès transports viables. Outre le PQI qui demeure largement favorable au transport routier, certains projets ou programmes annoncés dans le budget 2020-2021 renforcent les difficultés que le Québec aura à affronter dans l’atteinte de ses orientations gouvernementales, notamment en ce qui a trait à ses objectifs de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.

Le projet de 3e lien entre Québec et Lévis apparaît encore toujours à l’étape de planification au PQI, alors que jamais n’ont encore été dévoilées les études d’opportunité et de faisabilité. Selon Accès transports viables, cette infrastructure entraînera un étalement urbain plus grand du côté de la région de la Chaudière-Appalaches, en plus de devoir nécessiter des efforts budgétaires importants lorsqu’elle devra être entretenue.  

L’organisation note également que le gouvernement ne prévoit pas de mesure d’écofiscalité dans les transports. Selon le directeur général d’Accès transports viables, « les états qui réussissent à réduire l’empreinte carbone de leurs systèmes de transports utilisent à la fois des mesures incitatives et coercitives. Nous espérons que le budget 2021-2022 sera plus équilibré à ce niveau. »

Notons finalement que le programme Roulez vert bénéficie d’une enveloppe de 1,4 milliard $ pour 6 ans, alors qu’il s’agit d’une mesure ayant un impact structurant très faible sur nos émissions de GES, et constitue une mesure favorisant la propriété d’un bien de luxe.

Selon Monsieur Grandmont, il reste place à l’amélioration pour l’an prochain: « Le budget 2021-2022 devra être plus ambitieux en matière de mobilité durable et refléter les objectifs généraux de la Politique de mobilité durable, qui visent à Réduire les déplacements et leur longueur, Transférer vers les modes durables et Améliorer l’efficacité énergétique. »

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Source : Accès transports viables

Entrevue : Etienne Grandmont, directeur général Accès transports viables
Bur : 418-648-1242