Un lourd héritage urbain

Les exemples que nous avons choisis mettent en scène des infrastructures autoroutières massives issues du courant moderniste des années 50 à 70, soit une époque où la fluidité automobile était prioritaire dans l’aménagement des villes. Par contre, les limites de cette pratique urbanistique n’ont pas tardé à se faire sentir sur la qualité de vie de ses citoyens et de ses visiteurs: barrières bétonnées entre les quartiers, congestion automobile, taux de pollution élevés, etc. 

Envisager une diversité de solutions 

Face à ces contraintes et à l’éventualité de travaux majeurs d’entretien, Montréal, Milwaukee et Séoul ont pourtant fait le pari d’attaquer la problématique à sa source en réduisant le nombre de véhicules en circulation, plutôt que d’élargir ses corridors autoroutiers. Comment ont-elles fait? 

Et bien dans chacun des cas, il n’y avait pas de solution miracle. Les instances municipales ont chacune adopté une combinaison de stratégies pour induire un réel changement des habitudes de déplacement de ses résidents, notamment par la multiplication des incitatifs vers les modes de transport actifs et en commun, une meilleure planification urbaine, la bonification des réseaux de transport actifs et collectifs, le retissage urbain à une échelle plus humaine, etc.

Mobiliser les acteurs-clés

Il faut aussi noter que ces projets de boulevards urbains n’auraient jamais été réalisés sans une vision durable et un leadership des politiciens et fonctionnaires, de même qu’une certaine mobilisation des citoyens (comme dans l’exemple de Milwaukee). Les bilans de ces projets permettent de conclure que ces villes ont bel et bien fait des choix judicieux aux plans social, économique et environnemental, et que les investissements initiaux en valaient la chandelle. 

Noh Soo Hong (ingénieur en environnement) et Keeyean Hwang (ingénieur de la circulation),
les experts derrière le projet de la Cheonggyecheon Expressway de Séoul.
(Source: http://rivieresperdues.radio-canada.ca/fr/villes/seoul/webcapsule/13)

Attention au cercle vicieux de la demande induite

À l’inverse, les municipalités qui ont opté pour l’élargissement d’autoroutes ne semblent qu’avoir repoussé à plus tard les problèmes de congestion, ne cessant d’aggraver par le fait même l’étalement urbain et leur bilan environnemental. Même s’il pourrait sembler logique et plus simple d’élargir les autoroutes pour fluidifier la circulation automobile, le phénomène de la demande induite démontre que lorsque les déplacements automobiles sont facilités, ces derniers seront inévitablement plus nombreux par la suite. Bref, plus de voies = plus de voitures.

La ville de Houston, au Texas, fait partie de celles qui se sont embourbées dans ce cercle vicieux: son autoroute Katy (Interstate 10-W) est en effet réputée pour être l’une des plus larges autoroutes au monde avec ses 26 voies de circulation… et aussi, l’une des plus congestionnée encore à ce jour! 

 

 

 

 

 

 

 


L’autoroute Katy (Interstate 10-W), Houston, Texas. (Source: Offcite.org)