L’implantation ou l’élargissement d’autoroutes en milieu urbain a un impact transversal certain sur la santé publique: d’une part cela encourage à une utilisation plus grande de l’automobile, ce qui peut être facteur d’exclusion pour une partie importante de la population, entraîne une détérioration au niveau des saines habitudes de vie, augmente l’ampleur des traumatismes routiers sur le territoire de l’Agglomération de Québec, mais aussi touche une population riveraine de ces grandes infrastructures routières par l’augmentation de la pollution atmosphérique et sonore.

Sur ce dernier point, selon l’Institut national de santé publique du Québec, au cours de l’année 2002, l’exposition aux particules fines (PM2,5) aurait engendré 237 décès prématurés, 7 visites à l’urgence pour des problèmes cardiaques et 78 visites à l’urgence pour des problèmes respiratoires, 12 637 jours de symptômes d’asthme et 1 900 cas de bronchite aiguë infantile dans la région métropolitaine de recensement de Québec. Pour la même région et la même année, l’exposition à l’ozone (O3) aurait engendré 45 décès prématurés (mortalité aiguë) et 24 369 jours de symptômes d’asthme.

La mise en garde du Directeur de santé publique de la Capitale-Nationale est claire, il faut:

« Reconsidérer les projets d’élargissement des autoroutes qui figurent parmi les solutions priorisées par la Ville de Québec. L’élargissement des infrastructures de transport nuirait à la réduction du volume de véhicules et des émissions. L’apport supplémentaire en véhicules que les élargissements engendreront aura pour impact d’augmenter la quantité d’émissions de polluants et de GES. Localement, cela se traduira par une augmentation des impacts sanitaires liés aux contaminants de l’air et au bruit pour la population de Québec et contribuera davantage au réchauffement climatique. »
Mémoire sur la mobilité durable et la santé, dans le cadre de la consultation de la Ville de Québec sur la mobilité durable, CIUSSS de la Capitale-Nationale, août 2017


Afin de contrer les effets négatifs sur la santé publique, le Directeur de la santé publique de la Capitale-Nationale recommande d’ailleurs des stratégies reconnues comme efficaces telles que:

  • favoriser l’utilisation du transport en commun;
  • favoriser un aménagement urbain misant sur la densité, la mixité, la proximité et la connectivité;
  • favoriser la pratique sécuritaire du transport actif.

Les autoroutes situées en milieu urbain ne respectent pas l’échelle humaine et nuisent au développement de la mobilité durable car ces grandes infrastructures à accès limité scindent des quartiers entiers et sont infranchissables pour les usagers des transports actifs. Or, la région de Québec dispose d’un ratio trop élevé d’autoroutes par habitant.

Intersection de l’autoroute Laurentienne et de la rue de la Croix-Rouge, à l’entrée du centre-ville de Québec en 2016 (Source: Google Street View)