Sur le site Internet de la Ville de Québec, on annonçait depuis quelques jours que « la Ville de Québec a aménagé un vélo-boulevard dans l’axe de la rue Père-Marquette ». Aujourd’hui, le 11 juillet, les premiers blocs de béton aux intersections font leur apparition. Accès transports viables suivra l'évolution des travaux au cours des prochains jours!
Voici quelques photos des aménagements réalisés aujourd’hui aux intersections de Cardinal-Bégin et de Murray:

Ecore des détails à peaufiner:

Coin Carinal-Bégin, un terre-plein central:


Un flou certain entoure ce corridor cyclable et sa première phase pilote qui doit se réaliser cet été. Le comportement erratique d'automobilistes observé à la suite de l'installation des "blocs jaunes" fait craindre une augmentation des comportements délinquants. Nous suivrons de manière soutenue la situation pour s'assurer que l'approche choisie accroisse réellement la sécurité des cyclistes. À première vue, le marquage au sol sera essentiel pour que tous s'habituent aux nouveaux aménagements!
Au niveau du tracé, on ne sait pas si l'intégralité sera accessible dès cet été. Le terre-plein oblique projeté à l’angle des rues Raymond-Casgrain et Louis-Fréchette envoie même les cyclistes sur Raymond-Casgrain alors que la rue de Callières était initialement ciblée. De plus, aucune signalisation indiquant le contresens cyclable n’a encore été installée sur la rue Lockwell, c’est donc dire que le vélo-boulevard se termine au milieu de nulle part, du moins pour le moment.
Mentionnons que les travaux publics s'affairent à combler certains nids de poule, un petit plus appréciable, mais la chaussée de Père-Marquette reste dans un état déplorable à plusieurs endroits.
Pour que ça marche
Le concept de vélo-boulevard apporte des nouveautés intéressantes à Québec et gagnerait à être implanté dans plusieurs arrondissements où des liens cyclables utilitaires forts sont nécessaires. Nous espérons que le projet de Père-Marquette sera l'occasion de tester cette nouvelle approche afin de l'adapter au contexte de Québec. Rappelons que plusieurs réserves ont été émises sur le projet tel que présenté lors de la consultation tenue en avril dernier, afin d'éviter qu'il ne se change en vélo-brouillard:
- Le tracé est indirect, ce qui s'avère un irritant majeur. Un aménagement sécuritaire sur René-Lévesque aurait été le scénario optimal pour encourager les déplacements utilitaires en vélo. Le vélo-boulevard Père-Marquette n’est qu’une amélioration d'une chaussée désignée qui existe depuis des années et ne représente pas un nouvel itinéraire.
- Pour s'attaquer au problème de sécurité sur Père-Marquette, on installe des terre-pleins pour dévier la circulation à 5 endroits, mais on ne réduit même pas la vitesse de la circulation automobile, elle demeure à 50km/h sur ces petites rues résidentielles. On n'y utilise pas non plus d'autres mesures d'apaisement de la circulation sur le reste du parcours et les intersections plus difficiles (Belvédère, Holland, Salaberry ou Cartier) sont carrément ignorées.
- Des doutes sont émis quant à la qualité du pavage, de l’entretien, du marquage au sol et de la signalisation qui sera faite sur cet aménagement cyclable puisqu’aucune intervention autre que les aménagements des 5 intersections n'a été annoncée par la Ville. Pour que cet aménagement soit un succès, il devra être visible, compréhensible par les usagers et entretenu convenablement au fil des ans.
- Les nombreux arrêts obligatoires sur Père-Marquette ne seront pas retirés pour les cyclistes, ce qui signifie que le vélo-boulevard ne permettra pas de se déplacer plus rapidement que la chaussée désignée qui existe déjà sur ce tracé (rappelons que le concept de bike-boulevard développé entre autres à Portland vise à réduire au maximum le nombre d’arrêts pour les cyclistes tout en bloquant le transit automobile).
- La portion est du tracé ne tient pas compte de la topographie, notamment du dénivelé de Turnbull, et fait aboutir les cyclistes sur la côte d’Abraham à un endroit très inconfortable. Le vélo boulevard doit s'arrimer à un réseau plus large et cohérent.
À force de vouloir ménager les commerçants, les automobilistes et les résidants, le danger principal est d'accoucher d'un projet cyclable qui prend tout en compte, sauf les besoins des adeptes du vélo. Il faudra que les responsables de la Ville se mettent en mode écoute et acceptent de travailler avec les cyclistes pour que les aménagements répondent à leurs attentes. Des nouvelles bientôt pour la suite.