Au cours des quarante dernières années, la proportion d’élèves se déplaçant activement a chuté drastiquement pour passer de huit enfants sur dix à moins d’un sur dix. Aujourd’hui, ce ne sont plus que 9 % des élèves canadiens qui se rendent à l’école à pied (Kino Québec). Selon un indicateur qui évalue la distance à partir de laquelle le nombre d’enfants conduits en voiture dépasse le nombre d’enfants qui marchent, on observe que la distance a diminué avec les années, en passant de 1000 mètres en 2000 à 600 mètres en 2010 (Torres & Lewis, 2010).

Parallèlement à cette chute importante des déplacements actifs, on constate que seulement 12 % des enfants canadiens atteignent les Directives canadiennes en matière d’activité physique qui sont de 60 minutes d’activité physique d’intensité modérée à élevée par jour pour les jeunes de 5 à 12 ans. Pourtant, l’activité physique comporte de nombreux bienfaits sur la santé alors que l’inactivité physique comporte des risques importants.

Les déplacements actifs

L’adoption du transport actif au quotidien contribue au maintien et à l’atteinte des Directives canadiennes en matière d’activité physique. L’Agence de santé publique du Canada définit le transport actif comme toute forme de transport où l’énergie est fournie par l’être humain – la marche, le vélo, une planche à roulettes, etc., du moment où le déplacement est fait pour un motif utilitaire, c’est-à-dire dans le but de se rendre à une destination.

En plus des bienfaits sur la santé, l’adoption des déplacements actifs comporte des avantages sur :

  • La circulation routière en diminuant la congestion automobile;
  • L’environnement par une diminution des émissions de gaz à effet de serre;
  • L’économie en diminuant les couts d’utilisation des véhicules;
  • La sécurité en diminuant la circulation automobile et conséquemment le risque d’accident, etc.

Facteurs qui influencent les comportements en transport

Les habitudes de vie et les normes sociales

La voiture individuelle est souvent indispensable pour plusieurs individus en raison des distances de déplacement, des contraintes familiales, des horaires de travail, du matériel à transporter, etc. De plus, la plupart de nos milieux de vie ont été conçus en fonction des déplacements motorisés individuels, souvent au détriment des modes de transport actifs et collectifs.

Plusieurs croient également que la voiture est le mode de déplacement le plus rapide. Pourtant, sur des distances inférieures à dix kilomètres, le vélo est le moyen de transport le plus rapide dans les centres urbains alors que la marche est plus simple et parfois plus rapide sur des distances inférieures à deux kilomètres (AMC, 2009). Lorsque des aménagements sont voués au transport en commun, ce mode arrive le plus souvent en deuxième position, devant la voiture individuelle qui ne bénéficie pas de voies réservées et pour laquelle l’automobiliste doit trouver un stationnement.

Les messages véhiculés et les habitudes prises au courant des dernières décennies ont solidement ancré la voiture individuelle dans notre société ainsi que dans les habitudes de vie. Des efforts de sensibilisation et d’éducation doivent être faits pour renverser les normes sociales sur la voiture, mais avant tout pour valoriser les modes de transport actifs et collectifs dans notre société et les rendre plus attrayants.

L’organisation scolaire

Les habitudes de déplacement des élèves sont aussi fortement influencées par la localisation de l’école par rapport au domicile. C’est ainsi qu’on observe, à priori, une distinction entre les habitudes des élèves qui fréquentent une école à vocation particulière et ceux qui fréquentent une école de quartier.

Une tendance vers un recours important aux modes motorisés peut également être identifiée dans les écoles ayant une grande aire de desserte, ou pour lesquelles les cycles sont séparés dans des édifices distincts. La prise en compte de la possibilité pour les élèves de se déplacer activement ou d’accompagner la fratrie devrait être un des critères déterminant les choix d’organisation scolaire, de délimitation des bassins et dans les investissements pour accueillir les augmentations de clientèle.