Le Maire de Lévis a avancé cette semaine qu’un éventuel 3e lien n’entraînerait pas d’étalement urbain parce que le développement se ferait à l’intérieur du périmètre d’urbanisation de la ville.

Faire cette affirmation, c’est jouer avec les mots.

La définition de l’étalement urbain ne réfère pas à une limite territoriale, mais plutôt à la forme que prend le développement résidentiel et commercial.

La définition donnée par collectivitesviables.org est claire: l’étalement urbain est un phénomène marqué par un éparpillement des activités sur le territoire et une suburbanisation résidentielle soutenu, entre autres, par une approche strictement routière de l’accessibilité (extrait de http://collectivitesviables.org/sujets/etalement-urbain.aspx).

Exactement ce que fait la Ville de Lévis. À preuve, on constate à Lévis une forte augmentation des déplacements effectués en automobile, une relative stagnation du transport en commun et une forte baisse des déplacements réalisés à pied et à vélo.

En effet, entre 2001 et 2011, sur l’ensemble des déplacements effectués dans une journée sur le territoire de Lévis:

  • la part des déplacements effectués en automobile (conducteur) est passée de 80,4 % à 83,8 %, une hausse de 3,4 points de pourcentage;
  • la part des déplacements effectués en transport en commun est passée de 3,4 % à 3,8 %, une hausse de 0,4 point de pourcentage;
  • la part des déplacements effectués en transports non motorisés (marche et vélo) est passée de 8,3 % à 5,7 %, une baisse de 2,6 points de pourcentage.

(Sources: Enquêtes Origine-Destination, MTQ, 2001 et 2011)

On comprend par ces chiffres que la Ville de Lévis a, pendant ces dix années, fait le choix de développer son territoire et orienter son aménagement au profit de milieux de vie où les citoyens sont dépendants de leur automobile. L’Enquête Origine-Destination 2017 viendra sans doute confirmer la poursuite de cette tendance.

Exactement le contraire de que nous devrions observer, considérant les enjeux de protection du territoire agricole, de santé publique et de changement climatique.

Etienne Grandmont
Directeur général
Accès transports viables