Québec, le 23 juin 2016 – Accès transports viables et le Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale dénoncent la décision rendue publique ce matin sur les ondes d’une radio de Québec d’élargir la section nord de l’autoroute Laurentienne sans voie réservée. Selon ces organisations, le gouvernement Couillard démontre sa très grande incompréhension des enjeux touchant la mobilité des personnes et l’aménagement du territoire.

Pour Etienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables, il semble que le gouvernement du Québec n’ait pas encore compris que les élargissements d’autoroutes ne sont pas une solution à long terme pour régler la congestion, éviter l’étalement urbain, préserver notre territoire agricole, protéger nos sources d’eau potable et réduire nos émissions de gaz à effet de serre. « On ne demande que de la cohérence: comment le gouvernement du Québec peut-il autoriser un tel projet alors que toutes ses politiques environnementales, sociales et économiques lui dictent de changer le paradigme de la mobilité des personnes au Québec? »

Alexandre Turgeon, directeur général du CRE Capitale-Nationale, ajoute qu’il n’existe aucune ville dans le monde qui a réussi à régler durablement ses problèmes de congestion en élargissant son réseau routier: « Je mets quiconque au défi de nous trouver une ville qui a réussi à le faire. Tout élargissement d’autoroute entraîne un retour de la congestion à peine quelques années plus tard. Au contraire, les villes qui s’en sortent actuellement le mieux au niveau de la congestion sont celles qui ont développé leurs infrastructures de transports collectifs et actifs. Elles ont décidé d’utiliser plus efficacement leurs infrastructures au lieu d’en créer de nouvelles ».

Selon les deux organisations, le gouvernement du Québec doit jouer le rôle primordial de gardien de l’aménagement de son territoire. Les impacts négatifs de l’élargissement d’une autoroute sont beaucoup plus larges que les bénéfices à court terme qu’obtiendront ses utilisateurs. Il s’agit donc d’un débat de société qui doit être discuté dans le cadre d’une audience du BAPE. Le problème, c’est que les autoroutes construites sur une emprise acquise par le MTQ au plus tard le 30 décembre 1980 échappent aux processus du BAPE. Il n’est pas normal que ces projets ne soient pas soumis à une évaluation environnementale à cause d’une disposition temporaire adoptée voilà 36 ans.

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Source: Accès transports viables

Entrevues:
Etienne Grandmont, directeur général Accès transports viables
Bur: 418-648-1242

Alexandre Turgeon, directeur général
Bur: 418-524-7113