Québec, le 23 septembre 2014 – Permettre aux voitures transportant seulement deux personnes d’utiliser la toute nouvelle voie réservée sur Robert-Bourassa constitue un dangereux précédent, dénonce Accès transports viables. « La décision du MTQ brise non seulement l’équilibre entre les différents moyens de transport sur cet axe névralgique pour Québec, mais aussi le contrat social issu du BAPE sur le prolongement de cette autoroute», soutient Étienne Grandmont, directeur général.

Le prolongement de Robert-Bourassa avait été autorisé à condition que soit mise en place une voie réservée, dans le but très clair d’améliorer les services de transport en commun sur cet axe, tel que déterminé dans le décret 407-2005. Cet ajout devait, en offrant une solution alternative à la congestion automobile, permettre d’amoindrir les impacts négatifs du prolongement – étalement urbain et congestion – impacts qui se sont d’ailleurs avérés.

«Sous le prétexte d’un faux covoiturage, le MTQ vient hypothéquer la voie réservée au transport en commun. On se sert de cette voie pour augmenter encore la capacité routière», souligne M. Grandmont. Permettre aux voitures transportant seulement deux personnes d’utiliser la troisième voie, ajoutée pour les autobus, permettra peut-être, temporairement, de fluidifier davantage les voies automobiles. Mais à moyen terme, toutes les voies redeviendront congestionnées, prenant au piège le transport en commun qui ne sera plus en mesure d’utiliser les mesures prioritaires conçues pour ce mode. Au final, le MTQ mine ainsi la crédibilité du processus d’audiences publiques sur l’environnement du Québec.

Des pirouettes pour une mesure contreproductive

L’annonce d’aujourd’hui mettait en lumière les nombreuses adaptations à faire pour lancer un projet-pilote contreproductif : nouveau marquage au sol, modulation des vitesses, ajout d’affichages. « On perd du temps à implanter un paquet de pirouettes, alors qu’on devrait mettre nos énergies à améliorer le transport en commun dans le corridor, tel que le recommande le décret,» se désole M. Grandmont.

Los Angeles : un exemple pour Québec ?

La Ville de Los Angeles est étonnamment citée en exemple pour trouver des solutions aux enjeux de transport de Québec. Cette ville figure pourtant systématiquement parmi les plus congestionnées aux États-Unis, et cela sans surprise puisque son développement routier et urbain a rendu ses résidents fortement dépendants de l’automobile. « Si on veut les problèmes de L.A., amenons les solutions de L.A.!», ironise M. Grandmont, qui rappelle les coûts importants en infrastructures liés à la mobilité individuelle.

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