L’annonce du ministère des Transports (MTQ) de permettre le covoiturage de seulement deux personnes sur les voies réservées de l’autoroute Robert-Bourassa constitue ni plus, ni moins que la fermeture de la seule voie réservée au transport en commun dans l’axe nord-sud à Québec. Accès transports viables dénonce cette décision contraire à la mobilité durable.

« On va se dire les vraies affaires : cette mesure n’est qu’un subterfuge pour fermer la seule voie réservée au transport en commun dans l’axe nord-sud », dénonce vivement Christian Savard, président d’Accès transports viables. « Des trois autoroutes nord-sud qui se rendent à Ste-Foy, soit neuf voies de circulation, une seule voie est réservée au transport au commun, il me semble que c’est raisonnable. Encore une fois, on trouve le moyen d’en enlever aux usagers du transport en commun, qui font pourtant leur part pour décongestionner les routes », déplore M. Savard.

Le covoiturage de seulement deux personnes, plutôt que d’inciter un nombre significatif d’auto-solistes à laisser leur voiture à la maison, ne fera que permettre aux véhicules transportant déjà deux personnes d’utiliser la voie réservée. Avec une mesure aussi molle, l’objectif d’optimiser l’utilisation des infrastructures existantes ne sera pas atteint. « L’annonce d’hier vient créer un dangereux précédent que le MTQ doit éviter à tout prix s’il compte réellement encourager le transport en commun au Québec », avertit M. Savard.

Cette décision prématurée – l’étude de faisabilité n’a même pas débuté – est de courte vue, puisqu’à moyen terme, le niveau de congestion sera tout aussi élevé sans que le transport en commun ne puisse offrir une solution alternative intéressante. « Malgré que Québec ait le plus grand nombre de kilomètres d’autoroutes par habitant en Amérique du Nord, nous vivons encore de la congestion. Il serait peut-être temps de passer à d’autres solutions au lieu de toujours s’enfoncer », rappelle M. Savard.