Moins d’investissements prévus, mais combien seront réalisés?

Le Programme triennal d’immobilisations du RTC est en nette diminution par rapport à celui de l’an dernier. Bien que ce signal nous semble inquiétant, la principale préoccupation est de savoir si ce PTI «.dégonflé » sera effectivement réalisé. Le niveau d’investissement en immobilisation du RTC serait alors semblable à celui des quatre dernières années.

Le PTI 2013-2014-2015 a été dévoilé la semaine dernière et détaillé ce matin en comité plénier. Voir notre encadré explicatif «Quelle différence entre un budget et un PTI ? ».

Investissements : ne pas remettre à plus tard
Si l’on compare les 360 millions sur trois ans prévus l’an dernier aux 220 millions inscrits cette année, on constate une baisse d’investissements de près de 40%. Il faut cependant être prudent avec cette comparaison. La situation n’est pas catastrophique en soi, puisque les projets inscrits aux PTI des années passées n’ont pas tous été réalisés. En effet, depuis 2008, les investissements annoncés avoisinaient les 100 millions de dollars par année, mais dans les faits, c’est autour de 60 millions de dollars par an qui sont allés aux infrastructures du RTC, soit 60% des prévisions.

La principale préoccupation est donc de savoir si ce PTI « dégonflé », qui prévoit entre 54 et 83 millions de dollars par an, sera effectivement réalisé dans son entièreté, et que les projets ne seront pas remis aux années futures. Cependant, si seulement 60% en est réalisé, comme par les années passées, la situation sera plus problématique et pourrait par exemple entraîner une stagnation du service, ou même une dégradation du parc d’autobus.

 

Le bon moment pour prendre une pause?

Ce que ce PTI nous apprend aussi, c’est que le RTC et la Ville de Québec doivent dès maintenant penser aux leviers pour mener les importants projets du Plan de mobilité durable (PMD). Il est urgent de réfléchir dès maintenant aux moyens de financer l’amélioration du service, puisque c’est ce qui attire de nouveaux usagers et permettra d’atteindre les cibles fixées dans le PMD. La Ville, qui gère les infrastructures routières et de transport actif, doit aussi se poser en facilitateur pour permettre au RTC de livrer rapidement ses projets.

Du côté de l’administration municipale, on affirme qu’il est normal de prendre une certaine «pause» afin d’arrimer le Plan stratégique du RTC au Plan de mobilité durable adopté l’an dernier. Certains projets connus, qui concordent dans les deux plans, pourraient quand même être menés plus rapidement. C’est le cas du Métrobus 804, qui doit remplacer l’actuel parcours 87. Sa réalisation est de nouveau repoussée, maintenant à 2016, alors qu’il est attendu depuis longtemps par les usagers.

Un plan stratégique attendu
On ne peut attendre jusqu’à ce que le tramway entre en fonction en 2025 pour améliorer le service et investir dans les infrastructures du RTC. En ce sens, Accès transports viables attend avec impatience le dévoilement du nouveau Plan stratégique du RTC, attendu pour l’été 2013. Il est dommage de prendre une pause alors qu’on aurait pu profiter du dévoilement du Plan de mobilité durable pour accélérer la réalisation des projets. Espérons que la contribution municipale au budget du RTC, qui sera dévoilé demain, reflétera leur volonté respective d’emboîter le pas de la mobilité durable.

Quelle différence entre un budget et un PTI  ?
Le PTI est le programme triennal d’immobilisation, il s’agit d’une liste des investissements prévus ou potentiels pour des infrastructures à réaliser pour les trois prochaines années, même si l’exercice est refait annuellement. Il inclut l’achat de nouveaux autobus, la construction de garages et d’abris-bus, de même que la mise en place du «Nomade temps réel» qui comprendra entre autres des borne affichant le passage du prochain bus à l’arrêt. Cet exercice est le même que fait un propriétaire de maison qui prévoit une série de travaux. Les sommes prévues au PTI sont rarement investies comptant, elles font plutôt l’objet d’emprunts et sont amorties sur plusieurs années puisqu’elles servent à payer des biens durables.

À la différence, le budget couvre les dépenses de fonctionnement : les salaires, l’essence, l’entretien des véhicules et le service de la dette, donc le remboursement des emprunts contractés pour les investissements inscrits au PTI. Ce remboursement correspond aux paiements hypothécaires pour l’achat d’une maison ou des travaux majeurs. Une réduction du PTI n’entraîne pas nécessairement une diminution de budget, une situation qui aurait des répercussions beaucoup plus graves pour les usagers. Le budget du RTC sera quant à lui dévoilé demain, le 12 décembre, à leur conseil d’administration. À suivre !