La lecture de votre article intitulé « René-Lévesque, le boulevard des miroirs arrachés » démontre qu’il y a manifestement un problème sur le tronçon du boulevard René-Lévesque entre les avenues Turnbull et Des Érables où la largeur du boulevard est réduite.

La difficulté ne vient pas tant des projets de bande cyclable ou des voies réservées aux autobus que du stationnement qui est autorisé sur le côté Nord du boulevard, grugeant pratiquement une voie au boulevard qui en conserve seulement trois et demie. Aussi longtemps que le stationnement restera autorisé à cet endroit, on ne pourra améliorer l’efficacité du transport collectif dans le secteur ou laisser la juste place aux transports actifs comme le vélo.

Ces espaces de stationnement sont-ils si importants pour le quartier et ses commerçants ? Les commerçants de l’espace Cartier affirment sur leur site Web qu’il y a dans le secteur plus de 500 espaces sur rue, avec ou sans parcomètre, et 400 hors-rue qui sont payants. En faisant le décompte des espaces sur René-Lévesque, on réalise qu’il n’y a que trente cases dans le segment le plus étroit, entre Turnbull et Cartier, et 55 sur l’ensemble du tronçon, souvent partiellement inoccupés. Cela ne représente que 6% de l’ensemble des places de stationnement du secteur. Est-ce suffisant pour mettre en péril la survie des commerces si une piste cyclable ou des voies réservées conséquentes éliminaient ces espaces? On peut en douter. À titre d’exemple, le seul stationnement de surface situé sur Salaberry, face au théâtre Périscope, offre plus de 55 espaces, l’équivalent des places sur rue problématiques.

Contrairement à la croyance, les transports collectifs et actifs prennent beaucoup moins d’espace que la voiture. Certains sont réticents à leur accorder plus de place, prétextant que la perte de voies et de stationnements pour l’automobile limiteraient l’accès aux commerces. Pourtant les vélos ne requièrent qu’une mince bande pour circuler et prennent environ vingt fois moins d’espace à stationner. Un autobus remplace quant à lui 40 voitures en prenant l’espace de seulement trois véhicules.

Et si c’était l’automobile qui prenait trop de place et limitait l’accès des citoyens de Québec aux zones achalandées de la Ville ?

Accès transports viables

Texte publié dans Le Soleil le 6 mai 2009